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Mettre le Québec en lock-out

Le Journal de Montréal en lockout depuis le 24 janvier 2009.

Les employés du Journal de Montréal ont subi un lock-out de deux ans

Au Québec, les dernières élections ont été tenues en avril 2014. Les libéraux (PLQ) de Philippe Couillard ont été élus avec un peu plus de 41% des voix. Comprendre ici qu’ils ont été élus avec 41% des votes des gens qui ont voté – soit à peu près 71% des électeurs potentiels. En d’autre mots, moins de 35% des Québécois ont voté libéral. Le Parti Québécois(PQ), mené par Pauline Marois a subi une déconfiture inattendue. Madame Marois elle-même n’a pas été élue dans sa propre circonscription.

Ma plus grande déception a été l’élection de Pierre-Karl Péladeau que le Parti Québécois a sorti de son sac pour aller chercher des votes. En plus de diriger l’entreprise qu’avait fondé son père, le respecté Pierre Péladeau, PKP a fait l’acquisition de beaucoup d’entreprises, faisant de Québécor un des plus gros groupe de presse canadien contribuant grandement à la convergence des médias. Avec un nombre impressionnant de conflits de travail (le nombre exact varie selon les sources) dans les entreprises qu’il dirige, il n’a certainement pas la réputation d’un patron qui s’inquiète beaucoup du sort de ses employés.

Cette année, PKP a été choisi par les militants du Parti Québécois comme chef. Ce qui signifie que si le PQ est élu, notre premier ministre sera un homme réputé pour la piètre qualité des relations de travail avec ses employés. Il aura la responsabilité, entre autres choses, de voir aux conditions de travail des employés de l’état: les fonctionnaires de nos divers ministères et organismes péri et para publics, le personnel médical (médecins, infirmières et infirmiers, préposé(e)s aux bénéficiaires), les travailleurs sociaux, les enseignant(e)s et j’en passe.

PKP a été choisi comme chef du PQ parce qu’il promet la souveraineté du Québec. Le rêve de René Lévesque quand il a fondé le PQ en 1968. René Lévesque nous a légué Hydro-Québec et une vision de la souveraineté réalisable. Le PQ fondé par René Lévesque était un parti social-démocrate. Mais depuis le début des années 2000 le parti s’éloigne de plus en plus de la vision qu’avait les fondateurs pour s’approcher lentement mais fermement des visions néolibérales qui animent déjà le PLQ. La différence entre les deux partis, en 2015, ce n’est plus que le choix entre la souveraineté ou le fédéralisme. Il n’y a plus de vision sociale. Quelle tristesse.

Ce dérapage du PQ a peut-être favorisé l’apparition de nouveaux partis, eux-aussi souverainistes, comme Option Nationale ou Québec Solidaire. C’est dommage que certains souverainistes de la première heure qui adhéraient à la vision de René Lévesque continuent à voter pour un parti qui a trahi cette vision sociale-démocrate. Il ne faudrait pas se laisser endormir par le poing levé de PKP ou le fait qu’il semble soutenir la FIQ contre les attaques des libéraux. Il s’agit de démagogie pré-électorale. Terme technique: poudre aux yeux. Oui, il veut faire la souveraineté du Québec. Mais à quel prix? Serons nous prêts à le payer? Quel genre de pays sera un Québec dirigé par PKP?

J’espère ne jamais le savoir.

En attendant, si ce que vous souhaitez c’est un Québec souverain, pensez aux autres possibilités qui s’offrent à vous, parce que le jour où un magnat de la presse aura à coeur nos intérêts n’est pas arrivé.